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lundi 21 janvier 2008

"Les grandes manoeuvres"

Pour 79 % des électeurs, priorité aux enjeux municipaux, même si le bulletin-sanction séduit.


Nicolas Sarkozy, comme la gauche, d’ailleurs, est visiblement en décalage avec les attentes des Français. Selon notre sondage LH2 (1), le premier d’une série de trois sur les municipales de mars, les électeurs n’accordent qu’une dimension locale à ce scrutin. Et n’en font pas un test national, comme, et le chef de l’Etat et l’opposition voudraient le lui conférer, dix mois après la présidentielle.


Le diagnostic est sans ambiguïté: 79 % des personnes interrogées iront voter en pensant d’abord aux enjeux municipaux. Même à gauche, ils sont 76 % à adopter une telle démarche. Cette volonté de «dénationaliser» le scrutin s’observe aussi dans les réponses apportées aux questions portant sur les motivations du vote. C’est d’abord le programme du candidat (49 %), le bilan du sortant (26 %) ou la personnalité des candidats (14 %) qui seront déterminants, bien avant l’étiquette politique (9 %). Même à gauche, les électeurs (58 %) se prononceront en fonction des propositions mises sur la table, plutôt qu’en raison de l’appartenance partisane des candidats (11 %).

Quitus. Toujours dans cette optique locale, les personnes interrogées ne considèrent pas qu’un ministre battu doive démissionner (52 %). Seule une (petite) majorité à gauche, 49 % contre 47 %, juge qu’un ministre défait doit être un ministre démis.

Dans ces conditions, les électeurs n’attendent pas de Nicolas Sarkozy qu’il s’implique dans la campagne (72 %). Par la vigueur de leur réponse, ils semblent même lui déconseiller de s’investir et de tenter de vouloir chercher un quitus à sa politique dans ces élections. C’est en tout cas ce que réclament 81 % des sympathisants de gauche alors que 31 % de ceux de droite souhaitent que le président de la République monte davantage au créneau.

Néanmoins, deux éléments viennent (légèrement) altérer la vision exclusivement locale du scrutin. D’une part, pour une petite majorité (37 %), le bulletin de vote servira d’abord à sanctionner le bilan de l’exécutif (alors que 33 % apporteront leur soutien à Nicolas Sarkozy). ....
D’autre part, les Français ne veulent guère se déjuger d’un scrutin à l’autre: ils seront 63 % à voter pour la même tendance politique qu’à la présidentielle. C’est-à-dire en fonction d’une vision nationale. «De la part des personnalités politiques qui les engagent, les débats […] à venir sont nourris par leurs propres stratégies», relève François Miquet-marty, directeur des études politiques de LH2. Et ce à l’inverse des électeurs. Ce qui «complexifiera», selon lui, la lecture des résultats de mars.

(Source : Libération du 14 janvier 2008)

A l'heure de la constitution des listes électorales et de la finalisation des programmes, la complexité de l'exercice apparaît dans les grandes largeurs ; d'un côté comme de l'autre c'est le moment de la jouer serré . Prenons une liste de droite : difficile d'imaginer ne pas vouloir jouer sur la carte nationale, de surfer sur la vague, en gardant à l'esprit que justement 63 % des français ne veulent pas jouer les girouettes et voter un coup à gauche, un coup à droite mais difficile également de ne pas penser au vote sanction, qui en 2005 a fait perdre 20 régions sur 22 à la majorité présidentielle . Le français peut être versatile et apte à appliquer la sanction dans les urnes . La côte de popularité de Nicolas Sarkozy est tombée de 64 % à 49 % et semble amorcer un fléchissement continu alors , les français, bien qu'ils s'en défendent vont-ils profiter des municipales pour exprimer un mécontentement ou du moins une impatience ?
Prenons maintenant une liste de gauche, difficile de ne pas prendre en considération la corrosion du PS lors des dernières présidentielles et l'absence de parole dans les derniers débats politiques...partir en campagne aujourd'hui, avec l'investiture du PS n'est-ce pas chausser des galoches en plomb ? alors que faire ? de l'ouverture ? partir sans étiquette ? au risque que les militants ou les administrés n'y comprennent plus rien ?

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